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Qui, sur notre blog,  pouvait succéder à Marthe la fille de  joie ?

Qui, sinon une véritable héroïne nationale qui, elle, mourut, pucelle ?

Qui, sinon cette pucelle qui se battit pour son pays sans jamais mentir ni défaillir ?  

Qui, sinon Jeanne d’Arc, notre sainte à nous que les anglais regrettent d’avoir brûlée vive en 1431 à Rouen, avec la complicité d’un évêque français à la botte de nos ennemis d’antan – la trahison a toujours existé par chez nous, et elle perdure…

Notre petite Jeanne, donc, est née vers 1412 à Domrémy, village situé à l’époque en Alsace… mais François Villon lui donna le surnom de ‘’Jeanne la bonne Lorraine’’. Le seizième siècle la surnomma ‘’Jeanne la pucelle’’ et le dix neuvième, ‘’Jeanne, mère de la nation française’’ : rien que ça ! L’histoire se répète : une pucelle qui devient mère…

Sa courte vie :

Elle a treize ans lorsqu’elle entend saint Michel, sainte Marguerite d’Alexandrie et sainte Catherine d’Antioche lui confier la mission de délivrer la France de l’occupation anglaise, et de conduire le dauphin sur le trône.

Elle a seize ans lorsqu’elle va voir le capitaine Robert Baudricourt et lui demande une escorte pour aller voir le roi.  « Ramenez-la chez elle et donnez-lui une bonne fessée » répond le seigneur local à son tonton qui l’accompagnait.

Elle a dix sept ans lorsque, retournant voir le capitaine, elle arrive à le convaincre. Celui-ci lui donne une escorte de six hommes, et elle part, traverse un pays en guerre, va jusqu'à Chinon (plus de dix jours de chevauchée) pour délivrer son message au Dauphin, le futur Charles VII. Celui-ci la reçoit sans déguisement, contrairement à la légende, la fait interroger par les autorités ecclésiastiques, et examiner par sa belle-mère la duchesse d’Anjou, qui constate que la pucelle est toujours pucelle. Il fait faire une ‘’enquête de voisinage’’ à Domrémy, et donne enfin son accord pour envoyer Jeanne à Orléans.

Résumons maintenant ses ‘’exploits’’ car deux pages de votre revue ne suffiraient pas pour relater sa vie… à 19 ans, Jeanne a vécu davantage que nous tous qui n’avons jamais bouté l’anglais hors de France ni le migrant de saint Denis.

Elle a 17 ans lorsqu’elle contraint les anglais à se retirer d’Orléans.

Elle a 17 ans lorsqu’elle convainc le Dauphin d’aller se faire couronner roi à Reims.

Elle est capturée devant Compiègne, qu’assiègent les Bourguignons ; leur chef, Jean de Luxembourg, la vend aux anglais (pour dix mille livres tournois) (c’est plus que trente deniers…) qui chargent Pierre Cauchon d’instruire son procès en vue de la condamner pour hérésie ; ainsi ils pourront la brûler vive en la discréditant aux yeux d’une population crédule, qui la prend pour une envoyée de Dieu.

Elle a alors 18 ans.

L’évêque Cauchon – le diable ait son âme  - obéissant aux anglais, la condamne au terme d’un procès entaché d’irrégularités, que l’espace ici disponible ne nous permet pas d’énumérer ni de préciser.   

Réhabilitation : en 1450, (Rappelons tout de même qu’il lui doit son trône mais qu’il l’a laissée brûler sans bouger…)  Charles VII veut savoir « pourquoi on a fait mourir Jeanne contre raison et très cruellement ».

 

 Le pape Calixte III ordonne une révision du procès en 1455. Un second procès conclut à l’innocence de Jeanne en 1456, alors que ses cendres sont froides depuis longtemps, et qu’elles ont été dispersées pour éviter que l’on vienne se recueillir sur la tombe de cette fille qui réussit l’exploit de rassembler tous les français, à l’exception d’un évêque et de quelques bourguignons…

Grâce à ces deux procès dont les minutes ont été conservées, Jeanne est sans doute la personnalité la mieux connue du Moyen Age.

Béatifiée en 1909 puis canonisée en 1920, Jeanne est devenue la sainte patronne dont tous les partis politiques se réclament aujourd’hui, y compris ceux qui omettent de ‘’bouter hors de France’’ les ennemis de celle-ci. 

Voici quelques répliques que Jeanne, 18 ans, inculte, ne sachant que garder les moutons, que Jeanne, donc, fit lors de ses procès à de savants docteurs ecclésiastiques et vieux qui voulaient la condamner :

A la question « Dieu est-il avec les Anglais ? », elle répondit :

« Sur l’amour ou la haine que Dieu porte aux Anglais, je n’en sais rien, mais je suis convaincue qu’ils seront boutés hors de France, exceptés ceux qui mourront sur cette terre »

A la question un peu bête : « Saint Michel était-il nu ? », elle répondit :

« Pensez-vous que Dieu n’ait pas de quoi le vêtir ? ».

A la question « Savez-vous être en la grâce de Dieu ? », elle répondit

« Si je n’y suis, Dieu m’y mette; et, si j’y suis, Dieu m’y tienne ! ». Elle ajouta « Je serais la plus dolente du monde si je savais ne pas être en la grâce de Dieu. Mais si j’étais en état de péché, je crois que la voix ne viendrait pas à moi. Je voudrais que chacun l’entendît aussi bien que je l’entends »

Et puisque c’était une bonne fille, elle dit :

« Je portais mon étendard quand j’attaquais, pour éviter de tuer personne. Je n’ai jamais tué personne »

Il lui arriva d’avoir peur…

« J’aimerais mieux sept fois être décapitée que d’être ainsi brûlée. Donnez-moi les sacrements de pénitence et la très sainte Eucharistie »

Enfin, toute la foule présente sur la place du marché de Rouen l’entendit crier :

« Jésus, Jésus, Jésus, Jésus, Jésus, Jésus… »

Ce furent ses dernières paroles.

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