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Henri Désiré Landru  est né en 1869 à Paris  et mort  guillotiné  le  25 février 1922 à Versailles. C’est un célèbre tueur en série. Il fut surnommé « le Barbe-Bleue de Gambais ».

 

Il avait pourtant bien commencé sa vie : enfant de chœur à  l’église Saint-Louis-en-l’Ile… ses parents envisageaient même de le faire entrer au séminaire…

Mais il la continue moins bien : il séduit une blanchisseuse, l’épouse, lui fait 4 enfants (pas de chœur)… un couple normal, donc, jusque-là.  Sauf que 4 enfants, ça coûte cher.  Il monte alors sa première escroquerie, il a 31 ans… il lance une campagne de publicité nationale  pour vendre des bicyclettes à pétrole. Il spécifie que toute commande doit être accompagnée d’un mandat correspondant au tiers du prix. Et il disparaît avec l’argent alors que les commandes affluent…

Il navigue ensuite d’escroquerie en escroquerie, de condamnation en condamnation, de prison en prison… il tente de se suicider, des médecins psychiatres le déclarent malade mental, et le laissent sortir, le croyant inoffensif.

Sortant de prison, il achète un garage, le revend immédiatement sans l’avoir payé… et prend la fuite. Il est condamné a quatre ans de prison, et puisque c’est sa troisième condamnation à une  peine de plus de trois mois, le verdict est assorti de la déportation à vie au bagne de Cayenne. Il sait, pour avoir suivi l’affaire Dreyfus, que le bagne, ce n’est pas pour les enfants (de chœur)… alors, il se cache, change de nom, se fait tout petit, et on l’oublie. Il faut dire que l’année s’y prête, on est en 1914, il y a des problèmes plus sérieux à traiter.

Sous une nouvelle identité, il se fait passer pour un veuf aisé désireux de se remarier.  Et en ce temps-là, 1914 toujours, nombreuses sont les veuves qui désirent abréger leur veuvage et ranger leur robe  noire dans le dernier tiroir de la commande. L’heure n’est pas encore à la burka.

Sa première victime est Jeanne Cuchet, une lingère de 39 ans. Très éloquent, parait-il, il se fait signer des procurations qui lui permettront de faire main basse sur les comptes bancaires de ses amoureuses…  puis les occit, les découpe, et les brûle dans le fourneau de la villa de Gambais.

Occasionnellement, et bien qu’il soit fiché comme escroc en fuite, il rentre tranquillement chez lui voir sa femme et ses enfants… déjà, donc, en 1914, être fiché ne servait strictement à rien, et n’empêchait absolument pas de commettre des forfaits…  le voisinage avait bien attiré l’attention des autorités sur  certaines odeurs nauséabondes s’échappant de la cheminée en période estivale…

Il utilise plus de 90 pseudonymes pour déjouer toute tentative de recherche, dont le fameux pseudo qui restera dans le langage courant, Tartempion…

Si la conscience existe, et si Landru en a une,  il se dit que sur la ligne de front, des soldats tuent des gens sans raison, alors que lui, il tue pour subvenir aux besoins de sa famille. Les psys appellent ça la schizophrénie mortifère.

Une guerre plus tard, les mêmes causes engendreront les mêmes effets sur le ‘’bon’’ docteur Petiot…

Enfin, la guerre se termine, nous sommes en 1918, on va pouvoir se pencher sur des affaires plus sérieuses. Car chacun sait que la guerre est faite principalement par des gens qui ne se connaissent pas et qui se tuent pour obéir à des gens qui se connaissent mais ne se tuent pas.

Un jour, le maire de Gambais reçoit une lettre… Mme Pellat lui demande des nouvelles de son amie Mme Collomb, qui s’était fiancée à Mr Dupont et s’était établie dans sa circonscription. Le maire répond qu’il ne connaît pas cette personne.

Quelque temps plus tard, il reçoit une autre lettre, de Mlle Lacoste, qui lui demande des nouvelles de sa sœur Célestine, qui s’est installée à Gambais avec Mr Fremyet.

Le maire trouve que ces deux demandes se ressemblent, il met en contact les deux familles qui se rendent compte que Dupont et Fremyet semblent être la même personne. Les deux disparues ont répondu à la même annonce.

Ces deux familles portent plainte contre X auprès du parquet de la Seine. Une enquête est ouverte. Mais Dupont et Fremyet sont introuvables.

Et puis, un jour, une voisine reconnaît Dupont / Fremyet au bras d’une nouvelle amie, rue de Rivoli. Elle prévient la police qui localise l’individu rue de Rochechouart, et l’arrête le 12 avril 1919 à six heures du matin. Car on n’a pas le droit d’arrêter un assassin à cinq heures cinquante. Il y aurait vice de procédure, maître Moretti interviendrait et il faudrait relâcher le criminel quel que soit le nombre de morts qu’il pourrait avoir sur la conscience. Ceci dit, la conscience, ces gens-là en sont généralement dépourvus, autant que ceux qui les défendent.

A ce moment, l’homme incarcéré est accusé d’escroquerie et d’abus de confiance.  Mais le registre de comptes révèle qu’il est entré en contact avec 283 femmes et que 13 femmes disparues figurent sur ce registre. Dont Mme Collomb et Célestine…

…………

Le mois prochain, les aspects de cette tragédie qui seraient cocasses s’ils n’étaient pas tragiques

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Landru, la suite…

… donc, Landru n’a pas tué ces 283 femmes… il n’en a brûlé QUE treize…

Et comme il était très ‘’regardant’’, il se rendait ensuite au domicile de ses victimes, déménageait les meubles de celles-ci et les revendait aux enchères !

 

Dans sa comptabilité, on retrouve trace des achats que son activité exigeait : plusieurs scies à métaux, des scies à bûches, beaucoup  de charbon… pire : on retrouve aussi les reçus des billets de train : un aller – retour pour lui, un aller simple pour sa fiancée…

Mais retrouver des fragments d’os humain au milieu des cendres, des broches et autres colifichets typiquement féminins, retrouver les cadavres de chiens ayant appartenu à l’une de ses victimes, cela ne prouve pas sa culpabilité. Landru nie tout en bloc et essaie de passer pour fou.

 

Le procès de Landru a lieu en novembre 1921. Comme le grand frère merah, il a droit à un avocat, il choisit Vincent Moro Giafferi, qui, comme Moretti, aime défendre les causes indéfendables. Il se trouvera toujours un avocat pour défendre Judas.

 

Landru provoque et ‘’amuse’’ l’auditoire

Landru nie tous les crimes, il reconnaît toutefois avoir volé et escroqué ses supposées victimes. Par ses répliques provocantes et parfois pleines d’humour, il attire le tout Paris, Mistinguett, Raimu, Colette… par exemple, il s’exclame « Montrez-moi les cadavres ! » au juge médusé de cette audace.

 

… À l'huissier chargé de lui remettre la liste des jurés : « Il n'est pas vraiment utile de se déranger surtout un dimanche, pour si peu de choses ».

Le président : « Voyons Landru, toutes ces femmes ... vos enfants ne disaient rien ? » — Landru « Quand je donne un ordre à mes enfants, moi, monsieur le Juge, ils obéissent. Ils ne cherchent pas le pourquoi ni le comment. Je me demande comment vous élevez les vôtres ! »

… « Vous parlez toujours de ma tête, Monsieur l'avocat général. Je regrette de n'en avoir pas plusieurs à vous offrir ! »

… « Moi ? J'ai fait disparaître quelqu'un ? Eh bien, ça alors ! Si vous croyez ce que racontent les journaux ! »

… Le président « Vous pleurez Landru : vous éprouvez le besoin de libérer votre conscience ? » — Landru « Oui, je pleure mes fautes, je me repens... j'ai des remords... je pleure parce que je pense qu'avec tout le scandale fait autour de mon nom, on a appris à ma pauvre femme que je l'avais trompée. »

… « Si les femmes que j'ai connues ont quelque chose à me reprocher, elles n'ont qu'à déposer plainte !  »

… Alors que Landru vient de déclencher l'hilarité du public par une nouvelle repartie, le président menace : « Si les rires continuent, je vais demander à chacun de rentrer chez soi ! », ce à quoi Landru réplique : « Pour mon compte, monsieur le Président, ce n'est pas de refus ».

Son avocat maître Moro-Giafferi le défend avec talent. Une scène mémorable eut lieu pendant sa plaidoirie, où il affirma que des victimes avaient été retrouvées et allaient venir se présenter devant la cour d'assises. Le public et les jurés tournèrent la tête vers la porte que le « ténor du barreau » avait alors désignée, et après avoir laissé planer le suspense, souligna le fait que tous ceux qui avaient tourné la tête vers la sortie avaient ainsi démontré leur manque de conviction concernant la réalité des assassinats imputés à son client, mettant en évidence l'absence de preuves formelles contre Landru, faute de cadavre retrouvé. L'avocat général rétorqua du tac au tac que Landru, lui, n'avait pas tourné la tête vers la porte…

 

Landru est finalement condamné à être guillotiné.

Alors que, le 25 février 1922, on vient le chercher dans sa cellule à 5h25 du matin pour le conduire à l'échafaud, l'aumônier s’approche et lui demande « Mon fils, croyez-vous en Dieu ? », Landru lui répond « Monsieur le curé, je vais mourir et vous jouez aux devinettes… ».

Landru a demandé comme dernière volonté de pouvoir se laver les pieds, ce qui lui a été refusé par peur d'un suicide. Peu avant son exécution, alors qu'on lui propose un verre de rhum et une dernière cigarette, Landru décline l'offre et répond : « Ce n'est pas bon pour la santé. ». À son avocat qui, au pied de l'échafaud, lui demandait si, finalement, il avouait avoir assassiné ces femmes, Landru répondit : « Cela, Maître, c'est mon petit bagage... »

 

De son incarcération en 1919 jusqu'à son exécution en 1922, il a reçu plus de 4 000 lettres d'admiratrices dont 800 demandes en mariage.  Cette fascination érotique porte un nom, l'hybristophilie.

Fernande Segret, artiste lyrique, dernière maîtresse de Landru avec qui elle vivait maritalement lors de son arrestation, avouera pendant l'instruction que celui-ci avait tenté de l'empoisonner par deux fois. Après l'affaire, elle fit carrière dans un cabaret parisien, puis partit travailler comme institutrice au Liban. S'estimant diffamée par le film  Landru de Claude Chabrol en 1963, elle obtint 10 000 francs de dommages et intérêts de la part du producteur du film. À la date anniversaire de la demande en mariage faite par Landru, le 21 janvier 1968, elle se jeta dans les douves du château de Flers, non loin de la maison de retraite où elle s'était retirée. Dans sa chambre, il y avait deux photos : l'une de sa mère, l'autre de Landru.

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