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Les anglais parlent fréquemment de la langue de Shakespeare… les Français, eux, disent la langue de Molière.

Ces deux illustres personnages, du Paradis où, peut-être, ils nous observent, peuvent être fiers : ils ont enrichi l’humanité de chefs d’œuvre immortels.

Surtout Molière qui eut la bonne idée d’écrire ses pièces dans notre langue à nous… ainsi nous pouvons mieux en apprécier toutes les subtilités, car notre langue reste la plus belle du monde, tant que le rap ne s’en empare pas…

Avant de parler de l’homme Jean Baptiste Poquelin, voici quelques vers que tout le monde connaît et dont je ne me lasse pas…

Le ciel défend, c’est vrai, certains contentements…

Mais on trouve avec lui des accommodements ! Tartuffe, acte IV scène V

Couvrez ce sein que je ne saurais voir…

Par de pareils objets les âmes sont blessées,

Et cela fait venir de coupables pensées… Tartuffe, acte III scène II

Et maintenant, sommairement, la vie de cet homme brillant :

Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, est né en janvier 1622 à Paris, et mort dans la même ville le 17 février 1673.

Comédien et dramaturge, il fut considéré de son vivant comme un metteur en scène et un acteur comique exceptionnel. Mais comme tous les grands auteurs, il connut des débuts difficiles.

A 21 ans, donc en 1643, il forme la troupe de L’ILLUSTRE THEATRE, avec Madeleine Béjart et trois membres de la fratrie.

A 22 ans, Jean Baptiste Poquelin devient Molière. Il ne jouera plus que sous ce nom, et plus tard écrira ses comédies sous ce même pseudonyme. Mais, criblé de dettes (L’Illustre Théâtre ne fait pas recette…), les créanciers entament des poursuites, et le jeune Molière est emprisonné pour dettes au Châtelet. Son père le sort de prison en honorant ses créanciers, et Molière décide de quitter Paris, ville ingrate.

Il parcourt alors la France pendant 13 ans en jouant des tragédies écrites par d’autres. C’est sur les routes qu’il commence à écrire ses propres comédies.

En 1653, lors d’un séjour à Lyon, la troupe crée L’Etourdi ou les Contretemps, première comédie de Molière. Ils jouent cette pièce au château du prince de Conti, qui apprécie beaucoup ce jeune auteur. Pendant les trois années suivantes, la troupe continue de parcourir le Midi de la France, en se prévalant de la protection de « Son Altesse Sérénissime le prince de Conti ».

En 1656, Molière fait représenter sa deuxième comédie, Le Dépit Amoureux.

En 1658, de retour à Paris, il devient l’auteur favori du jeune Louis XIV et de sa cour, en interprétant lui-même les pièces qu’il écrit. Il s’y moque de tous les travers de son époque, qui sont aussi les travers de notre époque : les précieux, les dévots, les faux culs, les avares, les hypocondriaques, les snobs, les vieux beaux, n’éprouvant de sympathie que pour les soubrettes et les amoureux. On ne saurait lui donner tort…

(Une minute de repos avec cette envolée magistrale des Femmes savantes)

 

Mon Coeur n’a jamais pu, tant il est né sincère,

Même de votre sœur flatter le caractère

Et les femmes savantes ne sont point de mon goût.

Je consens qu’une femme ait des clartés de tout

Mais je ne lui veux point la passion choquante

De se rendre savante afin d’être savante,

Et j’aime que souvent aux questions que l’on fait,

Elle sache ignorer les choses qu’elle sait.

De son étude enfin, je veux qu’elle se cache

Et qu’elle ait du savoir sans vouloir qu’on le sache,

Sans citer les auteurs, sans dire de grands mots

Et clouer de l’esprit à ses moindres propos.

 

En 1658, Philippe d’Orléans, dit « Monsieur », frère du roi, accorde sa protection à la troupe de l’Illustre Théâtre.

1659, Molière joue le rôle du valet Mascarille dans sa pièce Les Précieuses Ridicules.

1660, de retour de Saint-Jean-de-Luz ou il est allé épouser l’infante Marie Thérèse d’Espagne, Louis XIV voit Sganarelle ou le Cocu imaginaire. Ce sera la comédie la plus souvent interprétée par la troupe.

  1. même année, Molière devient ‘’tapissier et valet de chambre du roi’’, ce qui l’oblige à assister chaque matin au lever du roi. Il continue cependant ses activités d’auteur et de comédien et s’obstine à jouer des tragédies – c’est à cette époque le genre noble du théâtre. Les acteurs en ce temps-là déclament de façon emphatique (c’est-à-dire comme déclamait André Malraux, ce qui fait sourire de nos jours…). Molière, lui, préférait jouer naturel, et cela ne contribuait pas à le faire apprécier des adeptes du grand Corneille ou de Racine… chaque époque a ses modes, dont on se moque deux ou trois siècles plus tard.

De qui se moquera-t-on en 2300 ?

 

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