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Gustave Eiffel

Si vous demandez à un parisien quels sont les deux monuments les plus connus, il vous répondra la tour Eiffel, c’est tout, les parisiens sont très chauvins.

Si vous posez la même question à un marseillais, il dira la Canebière ET la tour Eiffel ;

Un barcelonais, sans réfléchir, répondra la Sagrada Familia ET la tour Eiffel ;

Une américaine, avec son accent charmant, vous dira « les Rushmore Mountains, la statue of liberty ET le Eiffel tower »

Les italiens, vantards, citeront en vrac la tour de Pise, la basilique San Marco de Venise, le castel Sant’Angelo, le David de Michel-Ange, l’asti spumante ET la tour Eiffel ;

Etc.

Force nous est de reconnaître que la tour Eiffel est bien le chef d’œuvre le plus connu du monde. Plus que le Christ rédempteur de Rio, plus que la grande muraille de Chine, plus que le World Trade Center de New York, (ooops ! mauvais exemple), plus que l’Opéra de Sidney, plus que le grand Canyon du Colorado qui n’est pas un monument, et plus que le pont d’Arcole.

Alexandre Gustave Bonickhausen Eiffel, son concepteur, est né le 15 décembre 1832 à Dijon et mort le 27 décembre 1923 à Paris. C’est un ingénieur et un industriel francais, qui a également conçu et réalisé la structure métallique de la statue de la Liberté a New York.

Gustave Eiffel, à l’origine des deux monuments les plus célèbres du monde ! Cocorico !

Son aventure incroyable commença lorsqu’il avait 26 ans, en 1858. Il assura la direction des travaux du pont ferroviaire de Bordeaux long de 500 mètres, prouesse technique à l’époque.

Fort de ce premier succès, et puisque tout semblait lui réussir, il décida, à l’age de 34 ans, de fonder sa propre société. Il fit l’acquisition d’ateliers de construction métallique à Levallois Perret.

Son talent, sa vivacité d’esprit, sa capacité à s’entourer de brillants collaborateurs firent que sa société emporta plusieurs commandes d’édification de ponts, de viaducs et de divers bâtiments à structure métallique.

Le génie de Gustave s’exporta assez bien, puisqu’il fut sollicité :

En Hongrie ou il réalisa la gare de Budapest,

En Turquie : gare de Basmane à Izmir,

Au Pérou : casa de Fierro de Iquitos,

En Bolivie : gare routière de La Paz,

Au Mexique: église de Santa Barbara,

Au Viêt-Nam : charpente de la poste centrale de Ho-Chi-Minh-Ville,

En Suisse : Pont métallique ferroviaire près de Münchenstein, 1875,

Au Portugal : Pont Eiffel à Viana do Castelo, 1878,

En Algérie : Pont ferroviaire d'El Ourit à Tlemcen,

En Bosnie Herzegovine : Pont Skenderija à Sarajevo…

Quel beau curriculum vitae !

Mais son succès se retrouve également en France ou il réalisa, entre autres :

La galerie des machines pour l’Exposition Universelle de Paris en 1867 ;

La Gare de Verdun, dans la Meuse;

La charpente du lycée Carnot à Paris ;

Les vinaigreries Dessaux à Orléans ;

Le dôme de l’Observatoire astronomique du mont Gros à Nice ;

Les salles d’opéra de Nice et de Monaco ;

La charpente métallique du Crédit Lyonnais à Paris ;

Il conçoit et réalise également les structures de plus de vingt ponts et viaducs, dont :

Pont métallique de Lavaud, en Vendée. Un des 16 ponts encore en service ;

Viaducs de Neuvial et de Rouzat (ligne de chemin de fer Commentry - Gannat en 1869) ;

Viaduc de Garabit, situé dans le Cantal, 1882. L'arc de cent soixante-cinq mètres de portée qui soutient le tablier du pont constitue un record du monde ;

Pont tournant Colbert à Dieppe en 1888.

Viaduc Eiffel sur la ligne Paris - Mantes par Conflans sur l'Oise, 1892. Dynamité par les Français le 13 juin 1940, reconstruit provisoirement par les Allemands en 1941-42, il est définitivement cassé en deux parties irrécupérables par une seule bombe bien placée en mai 1944, larguée par le pilote Pierre Clostermann aux commandes d'un chasseur-bombardier britannique. Il a été reconstruit en 1947 pour le compte de la SNCF.

Etc.

Il devient lourd, le curriculum vitae…

Les journées de Gustave Eiffel devaient durer plus de 24 heures !

Mais c’est essentiellement pour sa tour que Gustave Eiffel est connu. Construite de 1887 à 1889 pour l'exposition universelle de 1889 à Paris, elle est devenue le symbole de la France.

La Tour Eiffel : tout d’abord, ses... mensurations :

Longueur de l'écart extérieur entre 2 piliers : 124,90 mètres

Hauteur du premier étage au-dessus du sol : 57 mètres (pour une superficie de 4 200 m2)

Hauteur du deuxième étage au-dessus du sol : 116 mètres (superficie : 1 650 m2)

Hauteur du troisième étage au-dessus du sol : 276 mètres (superficie : 350 m2)

Hauteur totale avec antennes : 324 mètres

Poids du fer puddlé nécessaire à son édification : 7 300 tonnes (seulement !)

… et encore quelques chiffres :

En 1887, le coût des travaux avait été estimé à 8,5 millions de francs or.

En 1963, la tour Eiffel repassa pour la première fois le cap des 2 millions de visiteurs, soit le même que pour son année inaugurale soixante-quatorze ans plus tôt. Mais ce cap symbolique de 2 millions d’entrées sera amélioré chaque année. En 1972 le cap des 3 millions d’entrées est dépassé, en 1984 c’est celui des 4 millions, en 1989 celui des 5 millions, et enfin en 1998 celui des 6 millions.

Bien plus que le Manneken Pis de Bruxelles…

La vente de cartes postales de ce monument détient un autre record du monde avec plus de cinq milliards d’unités depuis 1889.

Quelques anecdotes concernant la tour

L’homme qui vendit la tour Eiffel
En 1925, Victor Lustig et un complice, Dan Collins, louent une chambre à l’hôtel Crillon place de la Concorde, invitent cinq compagnies de métaux ferreux, et leur annoncent que, dans le plus grand secret, la tour Eiffel est à vendre. Ils les emmènent au pied de la tour, la leur font visiter, et annoncent à l’un des ferrailleurs qu’il a remportée le marché. Celui-ci paie, par chèque, le quart de la somme, augmenté d’un pot de vin conséquent, et les deux escrocs s’enfuient en Autriche.
Ils reviennent un peu plus tard afin de tenter une seconde vente avec de nouveaux gogos crédules ; mais, surveillés par la police, qui est efficace à l’époque, ils arrivent à s’enfuir à New York.

Hostilités

Il ne faudrait pas croire que l’édification de la tour, qui fait aujourd’hui la fierté de tous les français, se soit faite dans la sérénité et dans la paix. Dès janvier 1887, une « protestation des artistes » contre l’élévation de cet « amas de ferraille » fut signée de Charles Gounod, Charles Garnier, Victorien Sardou, Alexandre Dumas fils, François Coppée, Sully Prud’Homme, Leconte de Lisle, Guy de Maupassant, Huysmans, d’autres encore...

« Méfions-nous des grands hommes », aurait dit alors Eiffel.

Citons aussi quelques extraits de la presse d'alors : « À peine finie, la tour s'écroulera et tuera des milliers de Parisiens. » « Arrivés au sommet, les visiteurs seront asphyxiés. » « Le tout s'enfoncera sous terre créant un véritable cataclysme. »

La tour ne s’est pas écroulée et aucun parisien n’est mort asphyxié. Quelle chance !

Légion d’honneur

Le 31 mars 1889, la tour Eiffel est achevée. La plus haute tour du monde (depuis celle de Babel…) est inaugurée, et Gustave reçoit la légion d’honneur. De nos jours, on la donne à Mimie Mathy et aux joueurs de foot. Les temps changent.

Accident

Il n’y a eu qu'un seul accident mortel durant sa construction : il s’agit d’un ouvrier qui, un jour de congé, voulait épater sa jeune amie en lui montrant de quelles prouesses il était capable. Il a glissé…

Erratum

Il faut enlever de nos mémoires une idée reçue mais fausse : la tour ne devait pas être déboulonnée après l’exposition. Bien au contraire : les autorités ont accordé à Gustave la concession pour une durée de vingt ans à compter du premier janvier 1890. Au premier janvier 1910, la tour devait revenir à la ville de Paris : et elle est revenue…

La tour et la science

La curiosité s’amenuisant au fil des années, il fut un temps question de déconstruire la tour. Quelques ferrailleurs avaient fait des propositions pour acquérir les 7 300 tonnes de métal. Alors, Gustave démontra par tous les moyens l’utilité de son « bébé » :

Antenne TSF (télégraphie sans fil), en remplacement des pigeons voyageurs (!),

Station d’observation météo (l’ancêtre de Météo France),

Première liaison téléphonique hertzienne,

Nombreuses expériences sur la chute libre,

Installation d’une soufflerie au Champ de Mars,

« Intérêt stratégique pour la défense nationale » (dixit général Ferrié), puis, par la suite,

Diffusion de programmes radio, ensuite de programmes télévisés, enfin la télévision numérique terrestre (TNT) qui fait son apparition en haut de la tour le 31 mars 2005.

La tour ne sera pas démantelée.

Amusant

La tour a été construite en deux ans, deux mois et cinq jours, par 250 ouvriers. Aujourd’hui, plus de 500 personnes travaillent sur ce site qui accueille, rappelons-le, plus de six millions de visiteurs par an.

Grève

En septembre 1888, alors que le deuxième étage est construit, les ouvriers se mettent en grève : ils contestent les horaires de travail (9 heures en hiver et 12 heures l’été), ainsi que leur salaire, compte tenu des risques encourus. Gustave Eiffel leur dit que le risque est le même, travailler à cinquante mètres ou à cent vingt mètres. Mais il leur concède tout de même une augmentation de salaire…

Après la tour

Fort de ce succès, Eiffel s'engagea dans la construction des écluses du canal de Panama.

Mais ceci est une autre histoire.

Et elle sera contée.

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