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Deux frangines

Ce bouquin est construit en respectant les règles du théâtre classique définies par Boileau :

Unité d’action

Unité de lieu

Unité de temps.

« Qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli,

« Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli »

(L’Art poétique, 1674).

Le temps : ce bouquin tient en moins d’un an ; on n’est pas à une minute près ;

Le lieu : toutes les scènes se déroulent à Paris ;

L’action : il n’est question que de sexe et d’Amour.

On peut vivre sans vin rouge, sans camembert, sans pétanque, sans Coupe du Monde ; on peut vivre sans Play Station, sans Roll’s Royce, sans politique et sans hommes politiques.

Mais on ne peut pas vivre sans Amour.

… et l’Amour sans le sexe, quelle utopie ! Quelle erreur ! Quelle misère ! Quelle désolation !

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Premier extrait : dans le couple, un enfant vient de naître...

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Si un second lardon se pointe à ce moment, il ne reste que les inconvénients : la femme est incontestablement moins belle, moins désirable. L’aîné n’a pas fini de mouiller ses couches. Les nuits blanches n’ont plus pour cause la brouette japonaise ou l’hélicoptère finlandais, mais plus prosaïquement, les dents qui poussent et les pleurs du mioche qui a faim, car l’appétit vient quand on ne mange pas.

« Vas-y chérie j’y suis allé la nuit dernière, c’est ton tour »

Le désir n’est pas mort, mais presque. Il est moribond : à 65 kilos, le mari ferme les yeux pour ensemencer sa douce moitié qui, elle, a des envies déraisonnables et érotiques. Elle a du mal à concevoir que l’érotisme commence par l’esthétique. Elle ne voit pas son ventre qui gonfle. C’est le temps des premiers films porno que les oreilles chastes appellent ‘’cinéma de minuit’’, et qu’en d’autre temps, on appelait ‘’La dernière séance’’. .

Le mari commence à regarder la secrétaire et lui trouve du charme. Avant il ne l’avait pas remarquée.

L’épouse légitime ne voit rien des infidélités conjugales, mais constate une désaffection du maître des lieux.

« …Le travail ! » dit-il. « Je suis épuisé ». Il n’ose pas dire « je n’ai plus envie de toi » et cela est tout à son honneur. Certaines vérités sont inutiles.

Travail, fatigue : explications convaincantes.

Elle attend la délivrance du second dans l’anxiété et la fébrilité.

Le grand jour arrive : quelques heures de douleur et tout va rentrer dans l’ordre.

Oui mais…

… Son tour de taille tarde à revenir. Ses seins ne reviendront jamais. On range les strings au fond de l’armoire, ce sont de chouettes souvenirs, et on achète un maillot une pièce pour les prochaines vacances à Erquy en Bretagne. Vilaines vergetures. De cette façon on ne les voit pas.

En résumé, la mère pense :

« Saleté de petit dernier, après le premier j’étais encore belle, désirable, tous les hommes me regardaient… maintenant ils ne me voient plus ! Sans compter les frais supplémentaires, sans compter le travail en plus, la maternelle de l’aîné, la nourrice du cadet, les boites de lait à 8 euros car le lait maternel ne coule plus de ces seins dont on était si fière et que l’on n’ose plus décolleter. Même avec Aubade. Il faut les cacher. Couvrez ce sein que je ne saurais voir, disait Tartuffe à Dorine… le sein de Dorine faisait bander Tartuffe, le mien le ferait débander… Saleté de petit dernier ! »

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Un garçon ou une fille ?

Certains futurs parents disent :

« Un fils, une fille, je m’en fous, je prends ce qui vient »

Bien sûr que non.

Depuis les rois de France, le père est fier du zizi de son môme. Il croit prolonger sa ‘’lignée’’. Sa descendance. Pire : son nom patronymique. Quel orgueil ! Quelle vanité ! Quelle belle réussite que d’ajouter en bas de l’enseigne : « Au cochon qui boit, charcutiers de père en fils depuis 1954 » !

Le père se projette dans le fils. C’est lui qui devra accomplir tout ce que le géniteur a foiré. Quand il se rend compte que la vie de son fils, il n’a rien à y voir, que son gniard veut devenir pianiste ou cantonnier, pas charcutier, il se désintéresse de cette progéniture. Il regrette de n’avoir pas eu une fille.

Œdipe ne se cache jamais loin. Ni loin ni longtemps.

La fille est pour le père, le fils est pour la mère.

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Prenons une famille normale, le papa, la maman, les deux filles.

Le père et ses filles : c’est lui qui leur a donné leurs premiers bisous, qui a vu leur premier sourire, leurs premiers pas, leurs premières maladies infantiles, il les vues grandir, aussi jolies que leur mère, il y a vingt cinq ans…

Lui aussi il a 25 ans de plus mais chez lui, les années, il ne les voit pas. Il les voit chez son infortunée épouse qu’il n’a pas touchée depuis plus d’un an. Forcément, il voit ses filles, jeunes, belles, insouciantes, fermes, des seins hauts et durs, des fesses qui remplissent bien leur jeans, aucune ride, un cou lisse qui sent bon la transpiration, des cheveux multicolores et frisés comme la mode l’exige : il ne l’avouera jamais mais c’est d’elles qu’il a envie. Surtout de la grande, qui a plus de seins. La mère a fait son devoir, deux enfants magnifiques, c’est bien, maintenant, au rancart la vieille.

Un père sera toujours amoureux de ses filles. C’est ainsi.

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Mais reprenons notre famille dite « normale ».

On croit que deux frangines, c’est tout l’univers.

« Elles s’aiment vraiment comme deux jumelles »

« Elles sont inséparables »

« Ces deux-là, si l’une épluche des oignons, c’est l’autre qui pleure ».

Ca aussi c’est faux.

Deux sœurs sont toujours jalouses l’une de l’autre, et pour des raisons assez éloignées de la raison.

Mais elles ne le montrent pas. Mieux : elles ne le savent pas. Deux frangines, c’est la faille de San Andréas : tant que rien ne bouge, on ne sait pas qu’il y a une faille. Et un jour, ça craque. Ce jour-là, de nombreux détails remontent en surface, qui expliquent des comportements jusque-là étranges, bizarres, que l’on mettait sur le compte de n’importe quoi : en fait, on zappait. Cela va de la boucle d’oreilles égarée au collier emprunté et mal rendu, en passant par le chemisier taché, le tube de rouge à lèvres Christian Dior terminé, et surtout, le sourire de ce beau gosse qui s’adressait à moi – non, à moi – mais non voyons, tu t’es vue avec tes chaussures plates et tes cheveux en désordre ?

Casanova qui arrive, c’est le Charybde des sentiments fraternels les mieux trempés.

Scylla viendra plus tard.

Les vraies histoires d’amour ne sont jamais simples.

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Autre extrait : un gars, une fille...

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Dix septième arrondissement, sixième étage

J’habitais une chambre de bonne en haut de l’immeuble déserté par mon père peu après ma naissance. J’aimais bien le quartier, avenue des Ternes, dans le 17eme arrondissement. Pas loin de l’avenue de Wagram, de l’Etoile, agréable à vivre. Chambre de bonne oblige, sixième étage sans ascenseur. Audrey y est venue plusieurs fois. On ne faisait pas semblant de réviser, elle me disait « Tu ne crois pas que je monte six étages pour lire des bouquins ! », elle se plaignait chaque fois de ces maudits étages dont les degrés étaient raides et nombreux, et, disait-elle, diminuaient ses performances… c’est pourquoi, un jour, elle a décidé d’aller réviser chez ses parents…

Faire l’amour, c’est agréable quand on n’a pas besoin de mentir, de jouer la comédie à des parents soupçonneux, d’aller en boite de nuit ou au cinéma voir des films stupides pour tenter de séduire une fille qui veut qu’on la séduise. Je ne suis pas un danseur, et ça fait longtemps que je n’ai pas vu un bon film. C’est pas les dix euros que ça coûte, c’est les deux heures que ça prend. Pour voir des bagnoles qui explosent, des flingues qui ne se rechargent jamais, des morts par dizaines et, naturellement, une paire de seins ou de fesses juste pour énerver le quadragénaire, franchement, j’aime autant mes bouquins de maths, d’aérodynamique, de météo et de Victor Hugo quand vient l’heure de la pause, juste avant que la cervelle n’explose...

Audrey venait donc chez moi sans passer par la case « cinéma ».

Un jour, lasse de tous ces étages, elle a décidé de m’emmener chez elle.

  • Il y a un ascenseur et j’habite au troisième, avait-elle dit.
  • Tu habites seule ?
  • Non mais ce n’est pas grave, avait-elle répondu.

Voilà comment j’ai fait la connaissance de son géniteur. Et comment j’ai vu sa sœur pour la première fois.

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Gâterie

C’est exactement ce qui s’est passé.

Elle n’a pas pris la précaution de fermer la porte à clef, « la serrure est bruyante » a-t-elle dit, et sans même sortir un bouquin de physique, chimie, philosophie ou mécanique des fluides, elle s’est mise devant moi, elle s’est assise sur le lit, et comme elle avait déjà fait plusieurs fois, m’a demandé telle une esclave soumise qui espère une faveur :

« Tu veux bien que je goûte ? »

Normalement, ce regard, cette voix suppliante, ces lèvres rouges écarlates, me voilà dur comme un clou qui va s’enfoncer quelque part.

Elle a baissé la fermeture de mon jeans sans attendre ma réponse. Je ne sais pas si toutes les filles sont ainsi, mais elle adore me prendre dans sa bouche. Gâterie à laquelle je suis anormalement sensible. En plus de cette sensation physique non thermonucléaire, le spectacle est magnifique - et bien plus fort que le spectacle, le fait de penser que je mets mon organe reproducteur dans cet endroit-là, ça y est, j’ai envie de venir. Jouir dans cette cavité si chaude...

J’aime qu’elle avale tout. Qu’elle me montre ensuite qu’elle a avalé : elle ouvre la bouche, sort sa langue à la fois râpeuse et douce, et me montre un palais dans lequel il ne reste rien... j’aime, enfin, qu’elle fasse semblant de trouver ça bon…

Chacun a ses fantasmes, le mien est ici. Une bouche amoureuse et gourmande.

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