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Délivrez-nous du mal

Ceci n’est pas une préface

Ce texte est basé sur plusieurs histoires vraies.

Tout le reste est pure invention.

L’auteur tient donc à remercier tous les lecteurs qui se reconnaîtront,

ainsi que tous les lecteurs qui ne se reconnaîtront pas.

Autre chose :

l’auteur, n’ayant jamais tué personne, manque cruellement de référence à ce sujet.

Il est prêt à écouter toutes les suggestions

que voudront bien lui faire des assassins chevronnés.

Un dernier point :

l’auteur déteste le mensonge, que cache souvent le « politiquement correct ».

Mais sans les mensonges répétés de la petite Marie,

ce roman n’aurait jamais vu le jour.

Alors, il ferme les yeux pour ne pas les entendre…

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Ceci est la préface

en forme de non-préface

de mon ouvrage

DÉLIVREZ-NOUS DU MAL

disponible sur

edilivre.com

En voici un extrait :

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Il lui disait parfois, essayant de se convaincre et de convaincre Marie :

- Le Désert de la Mort, la cordillère des Andes, le Machu Pichu, la Grande Muraille de Chine, tout cela est bien trop loin de chez nous, et un peu inutile…

Il ne savait pas que pour inciter les gens à penser comme lui, il devait d’abord penser comme eux. De plus, il rêvait secrètement de la Grande Muraille et du Machu Pichu, mais en bon expert comptable, il savait additionner les billets d’avion, les nuits d’hôtel et les bons petits restaurants. C’était trop pour une guichetière et un comptable.

Alors, il lui vantait les beautés de la Bretagne et Marie se laissait convaincre :

- Nous irons nous embrasser sous les falaises d’Etretat et sur la cote d’Armor, nous irons faire l’amour à Jersey et Guernesey ou vécut Victor Hugo, le plus grand écrivain du monde et de tous les temps, nous passerons à Babaorum, le village d’Astérix, et enfin, nous ferons la sieste au Conquet, le village le plus à l’ouest de France, là ou finit la terre… Marie souriait dans les bras de son homme et lui demandait :

- Dis, tu m’amèneras aussi au Mont Saint Malo ? J’en ai tellement envie depuis toute petite…

- Tu veux dire : le Mont Saint Michel, mon petite scarabée ?

Marie rougissait un peu, souriait de plus belle, et mentait :

- Je l’ai fait exprès !

« Mon Dieu comme elle est belle quand elle rougit, quand elle sourit, quand elle ment et quand elle se blottit dans mes bras » pensait Jos.

Rien n’est plus beau que l’amour sincèrement donné et sincèrement reçu.

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Fin de l'histoire d'amour...

début de la haine :

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Jos se retrouve sur le trottoir avec ses croissants dans la main. C’est un homme ivre. Ivre de douleur, de colère, d’incompréhension, de solitude.

Il n’aurait jamais supporté d’être cocu comme tout le monde. Il supporte encore moins d’être cocu comme personne.

Et maintenant, que va-t-il faire ? Que DEVRAIT-IL faire ? Exploser ? Ignorer ? Partir, loin et longtemps ? Se venger ? Assassiner ? On commence par qui ? La femme ? L’amant ?

Marie venait rue Saint-Sauveur depuis plus de sept ans, ils étaient mariés depuis près de dix ans… amer constat…

Et tout de suite… TOUT DE SUITE… il doit se rendre à l’hôpital avec ses croissants : va-t-il en plus lui amener des fleurs ? Des chocolats ? Des chocolats empoisonnés ?

Il y a une heure, il pensait avec une larme de tendresse ‘’ma petite Marie’’… maintenant, il serre les poings et pense avec des larmes de rage ‘’ma sale pute’’ !

Il boit deux bières dans un bar avant de retrouver Marie.

Elle est toujours endormie. Il a envie de dire aux docteurs « faites-la dormir encore vingt cinq ans » car il estime ce temps nécessaire pour oublier. Il prend deux cafés serrés pour passer le temps.

- On va la réveiller doucement, lui dit une infirmière souriante ; pouvez-vous repasser dans une demi heure ?

- Bien sûr, répond Jos, heureux de gagner trente minutes sur des explications épineuses.

Il retourne à la machine à café au fond du couloir près des toilettes.

C’est à cause de toutes ces boissons fortement caféinées qu’il fait son premier infarctus. Une grosse douleur du coté gauche. Sa vue se brouille, il voit des points de toutes les tailles et de toutes les couleurs, bleu foncé, rouge foncé, vert foncé, noir foncé, blanc foncé… puis il ne voit plus rien. Il perd connaissance pendant quelques secondes, peut-être plus, soit une éternité. Il sent des mains qui le hissent sur un brancard, puis il a la sensation de rouler, rouler, rouler… Quand il ouvre les yeux, il est sur un lit blanc dans une chambre blanche, un docteur en blouse blanche prend sa tension et lui dit avec une pointe d’humour :

- Vous avez eu de la chance, faire un infarctus au service des urgences !

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Jos décide de tuer l'amant de sa femme. Mais comment ?

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Jos aimerait vivre aux States : il pourrait acheter un gun avec un silencieux. Tout deviendrait facile : tuer de loin, ce n’est pas salissant. Mais de près, il n’en va pas de même :

- Pousser sa victime sous une rame de métro : non, trop de témoins ;

- La défenestrer : non, trop bruyant ; à moins qu’elle ne se laisse faire ; peu probable ;

- L’empoisonner : non : il faut être plus intime pour mettre du cyanure dans le café ;

- L’étrangler : non : et si ce con était costaud ?

- L’écraser : je n’ai pas de 4 X 4 ;

Tout bien réfléchi, il n’est pas aisé de tuer son prochain, même si celui-ci le mérite mille fois. Il reste le couteau, mais Jos trouve ce moyen un peu vulgaire. Tant pis. Il fera avec.

Il achète un magnifique cran d’arrêt au marché aux Puces de la porte saint Ouen. Il lacère un vieil imper, il se déguisera en clochard et ira camper rue Saint-Sauveur. Le voleur d’épouse délaissée s’y montrera fatalement.

« Oh oui ! Vraiment FATALEMENT… »

Un clodo discret, on ne le regarde pas, de peur de devoir lui filer une pièce. Tous ces préparatifs amusent Jos énormément. Il réalise que depuis le service militaire, il s’est toujours ennuyé, la banque, le mariage, les vacances à Perros Guirrec, noël en famille… rien d’excitant à tout cela. Alors que maintenant… le frisson de l’aventure, ne pas savoir de quoi demain sera fait et s’en foutre, faire enfin ce que l’on a envie de faire…

« C’est extraordinaire ! » pense-t-il.

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Jos : sa vengeance est en route...

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Enfin, il arrive rue saint Sauveur, après avoir traversé le boulevard de Sébastopol, côtoyé le Forum des Halles et remonté la rue Montorgueil.

Il s’installe en bas, presque en face du foutu immeuble. Il n’est pas rasé, pas douché, il pue, un vrai clodo, quoi. Il a même pensé à la bouteille de mauvais vin dans la poche de son imper.

Il voit deux ombres à la fenêtre du premier étage. Merde, ça fait mal quand même… et ça justifie sa présence ici. Il éprouve un pincement au cœur.

« Quand je mourrai, ce sera pareil mais en plus fort… »

Il réalise qu’il l’a aimée, cette petite garce… l’amour, comme souvent, en partant, a fait place à la haine. Sentiments contradictoires ; il verse une larme sur sa vie ratée et sourit sur ce qui va se passer bientôt, très bientôt. Il est heureux et malheureux.

Il boit une gorgée de picrate et fait la grimace.

Marie revient devant la fenêtre. Elle a retiré son soutif. Jos écrase une larme et boit encore deux gorgées de ce pinard à deux balles :

  • J’aurais dû mettre du vin de Bourgogne, bon sang, c’est moi qui le bois !

Et puis il attend. Il fait une petite prière :

« Oh Dieu, Toi qui es plein de bonté et de justice, fais descendre ce renégat que je lui règle son compte… Tu peux bien me rendre ce petit service, je ne T’ai jamais rien demandé ! Oui, je sais, je ne T’ai pas beaucoup prié… mais si on y regarde de près, Toi, Tu ne m’as jamais regardé, jamais souri, jamais vu ! Tu ne m’as jamais adressé la parole, jamais rien donné gratuitement ! Jamais épargné une rage de dents ! Mon Dieu, Toi qui as toujours pensé à moi dans la souffrance, pense à moi dans la vengeance, pense à la joie que j’aurai à Te renvoyer un pourri ! Etc. »

Comme on voit, Jos n’est pas très doué pour prier.

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